Il existe énormément de races animales que l’on appelle « anciennes », car appartenant à l’époque pré-industrielle de l’agriculture. 🐖🐑🐂
Ça te dit de les découvrir ?
Il existe énormément de races animales que l’on appelle « anciennes », car appartenant à l’époque pré-industrielle de l’agriculture. 🐖🐑🐂
Ça te dit de les découvrir ?
Il a failli ne jamais revenir dans nos prés bretons, on l’a même cru disparu.
Et pourtant, le mouton Landes de Bretagne fait partie de ces races anciennes qui incarnent à merveille les valeurs de notre région : respect des traditions, préservation de la biodiversité et alimentation durable.
Enfile tes bottes et suis-nous, on t’emmène à la découverte de ce mouton pas comme les autres !
Autrefois appelé « mouton breton » ou « mouton d’Armorique », le Landes de Bretagne a longtemps peuplé la façade atlantique, mais également les côtes de la Grande-Bretagne et de la Mer du Nord.
Il a résisté aux croisements et à la mérinisation (ajout de sang Mérinos), pratique très en vogue au XVIIIe siècle.
Alors que la race avait totalement disparu des paysages bretons dans les années 1950, car considérée comme insuffisamment productive, un petit troupeau est observé dans un élevage traditionnel, en Brière, en 1987.
L’intérêt renaissant pour les races locales le fait revenir progressivement dans nos prairies.

Les populations se sont étoffées dans les dernières décennies, garantissant continuellement les caractéristiques et la rusticité de la race.
Aujourd’hui, le mouton Landes de Bretagne est essentiellement élevé par des professionnels, quelques particuliers, mais également par des collectivités qui l’emploient pour de l’écopâturage : car tu verras un peu plus loin dans cet article, que c’est l’une de ses nombreuses qualités.
On considère désormais que la race est sauvée, mais il faudra encore environ 25 ans d’efforts de préservation pour consolider la sauvegarde.
C’est un petit gabarit, d’environ 60 centimètres au garrot.
Les femelles ne pèsent pas plus de 50 kilos, les béliers, quant à eux, peuvent atteindre 65 kilos.
Le Landes de Bretagne est un mouton élégant, aux oreilles fines et généralement sans cornes, à l’exception de certains mâles qui peuvent en porter.
Sa queue est touffue, et sa robe unie, historiquement noire, mais parfois blanche, se termine tachetée sur les extrémités.
Les femelles mettent au monde, seules et en toute autonomie, généralement un à deux agneaux par an, et ce dès leur première année.
La principale caractéristique du Landes de Bretagne est son incroyable résistance, dès le plus jeune âge.
Les adultes comme les agneaux peuvent rester dehors toute l’année, et pâturent sans faire les difficiles : presque tout leur plaît… et ils peuvent brouter partout : de véritables petites tondeuses écolos !
L’une de leur étonnante caractéristiques est également le fait qu’ils ne boivent presque pas d’eau : la rosée sur l’herbe leur suffit amplement.
De plus en plus de collectivités, en recherche de solutions d’entretiens d’espaces verts moins polluantes, optent pour l’intégration de moutons Landes de Bretagne et contribuent ainsi à la préservation de la race.
Si le mouton Landes de Bretagne produit une laine de qualité, valorisée par quelques filatures sous l’appellation « Laines de Bretagne » avec celles du mouton d’Ouessant, il offre également une viande au caractère assez exceptionnel, lié à la croissance lente de l’animal.
Persillée, rouge et très typée, elle est prisée des amateurs adeptes de locavorisme, mais aussi des restaurateurs qui mettent en avant les races locales.
C’est par ailleurs une viande saine, peu énergivore, car issue d’une bête nourrie au seul pâturage.
2004 a vu la création de l’association Denved Ar Vro — Moutons des Pays de Bretagne.
Elle regroupe trois races rustiques de la région :
L’association est intégrée à la Fédération des races de Bretagne, née en 2011.
Celle-ci, en rassemblant les éleveurs de races bretonnes, a pour objectif leur valorisation et leur pérennisation dans un intérêt culturel, environnemental, et bien entendu gastronomique.
On y retrouve notamment le Coucou de Rennes, le Porc Blanc de l’Ouest, ou encore la vache Pie Noire.
Connaissais-tu le mouton Landes de Bretagne ? En as déjà-tu vu dans les prairies de la région, ou peut-être as-tu eu la chance d’y goûter ?
Raconte-nous ton expérience dans les commentaires !
Comme son nom l’indique, cette race de bovin nous vient d’Écosse et plus particulièrement des Highlands.
Le terme « Cattle », quant à lui, signifie « Bétail » en anglais.
Or, qui a déjà visité l’Écosse sait que la Bretagne dispose d’un terroir (et d’une météo 😉) ayant certaines similitudes avec ce territoire du nord de la Grande Bretagne.
Il était donc logique que, tôt ou tard, quelqu’un pense à importer cette race de bovins dans nos bocages bretons…
Je suis donc parti, il y a quelques jours de cela, à la rencontre de Ronan et Wendy du Ranch de Kerbongoût, à Saint Rivoal.
Ces derniers élèvent en pleine nature et dans une quasi semi-liberté près de 60 Highland Cattle.
Chaque animal dispose d’un hectare de pâture, ce qui est le minimum pour qu’un bovin puisse se nourrir sachant qu’il consomme près de 100 kilos d’herbes fraîches par jour !
Il faut dire qu’ils ont tout de même quatre estomacs à remplir…
Nous avons donc arpentés quelques hectares de leurs terres, durant une belle journée d’automne à la luminosité si particulière, à la rencontre d’un environnement, d’un métier, d’un quotidien… et évidemment des vaches, génisses, veaux, taureau, broutards, etc.
Le premier que l’on visite est le troupeau principal, composé d’environ une trentaine d’animaux.
Il s’agit du taureau Oscar et des vaches « permanentes » qui donnent naturellement naissance aux veaux.
Ronan et Wendy m’expliquent la complexité qu’il existe dans le relationnel de ces animaux : il y a la chef, celles qui s’occupent de la surveillance, celles qui font les baby-sitters, etc.
Un troupeau dispose de ses codes, de sa hiérarchie, de son organisation propre.
Ici, le grand remembrement d’après guerre n’a pas eu lieu et cela se sent.
Les champs ont une taille moyenne de 4000m² et disposent de beaux talus, ce qui laisse à la nature la possibilité de s’exprimer. La vue est dégagée, arborée… magnifique !
On visitera ainsi, tout l’après-midi, plusieurs parcelles et nous rencontrerons de nombreux bovins, dont le groupe de Thor, à la crinière noire…
Ce dernier fait partie d’un troupeau de « jeunes », qui pâturent ce jour là dans un champ particulièrement esthétique… et inaccessible à la plupart des autres races de vaches.
En effet, la Highland Cattle est réputée pour sa rusticité, à l’instar des races locales (Pie Noir, Froment du Léon, etc.) et sa capacité de pâturer des zones de landes ou marécageuses.
Elle est d’ailleurs fréquemment « utilisée » pour ce type de travaux d’entretien de terrains difficilement accessibles : il s’agit de la reine de l’éco-pastoralisme !
A peine arrivé dans le champ, tous les animaux viennent à notre rencontre et nous entourent.
Calmement, avec une grande sérénité.
Ronan me présente chaque animal : son nom, son tempérament, sa lignée…
Il les connaît tous personnellement et m’en parle comme s’il me parlait de ses enfants.
On aborde alors évidemment ce qui fait parfois débat : comment s’attacher à un animal dont la vocation est de produire de la viande.
Ronan et Wendy ne pensent pas de la sorte.
Le métier d’éleveur est en effet de produire de la viande… mais autant le faire le plus consciencieusement possible, en donnant un maximum d’amour aux animaux dont ils ont la charge.
L’animal doit pouvoir disposer de la plus belle vie possible.
Thor est du même avis puisqu’il s’approche rapidement de moi et me donne de petits coups avec son museau, réclamant des grattouilles et caresses… et recommence à me donner un coup de museau, dès que j’ai l’audace d’arrêter !
Cela signifie qu’il faudra trois ans à un veau pour devenir adulte, au lieu de deux ans en général pour de nombreuses autres races.
Thor a deux ans et demi.
Dans six mois environ, il quittera ses pâtures pour l’abattoir.
Il s’agit de la première vache de Ronan et Wendy.
Celle-ci, du fait de son grand âge, ne peut plus donner naissance aux veaux.
Elle profite donc de sa retraite parmi les jeunes broutards et participe pleinement à l’organisation du groupe, particulièrement lors des changements de champs.
On finira la journée sous un soleil déclinant et un repas au feu de bois, courte parenthèse dans la vie d’un éleveur de Highland.
A l’école élémentaire, nous avons tous le souvenir de nos premiers cours de biologie : l’homme est omnivore, le fourmilier insectivore et la vache herbivore.
Or, depuis les années 1930 de nouveaux aliments autre que de l’herbe ont été apportés à l’alimentation bovine : des céréales mais également des farines animales.
Est-ce pour varier leurs menus ? Développer leurs facultés gustatives ?
Essayons d’y répondre de façon assez simple.
Contrairement à l’être humain, les vaches possèdent pas moins de 4 estomacs.
Les trois premiers appelés panse, réseau & feuillet agissent comme des pré-estomacs, la digestion à proprement parler à lieu dans le 4ème organe, la caillette.
Comment cela fonctionne-t-il ?
C’est très simple.
En préambule d’une étude de L’INRA parue en 1950, on peut lire « l’éleveur et l’industriel ne devraient jamais oublier que ce qui compte avant tout c’est le rendement ».
Ceci étant dit, une grande partie des acteurs du milieu agricole ont considéré les vaches comme un process industriel permettant de produire du lait à partir de matières premières.
Partant de ce postulat, à peu près tout a été essayé.
Il fallait que les vaches produisent plus de lait, et encore plus de lait.
Au delà de la sélection de races plus productives, on a apporté de nouveaux aliments plus riches aux bovins : plus de protéines et plus de glucides.
Les expériences se sont multipliées jusque dans les années 70 avec l’introduction de farines animales dans leur alimentation.
Inutile de rappeler ici les conséquences, avec les crises sanitaires telles que la « vache folle ».
Après tous ces essais, une grande partie des éleveurs laitiers nourrissent actuellement leurs bovins avec du maïs ensilé, du soja et de l’herbe sous différentes formes : fraîche, séchée (foin), ensilée, enrubannée.
Il s’agit tout simplement de plants entiers de maïs récoltés verts (avant leur maturité), broyés, tassés puis hermétiquement couverts pour qu’ait lieu une fermentation.
Au bout de quelques mois, le maïs fermenté pourra être servi aux bovins.
Cet aliment riche en glucides sera bien plus nourrissant que l’herbe. Et comme il a déjà fermenté, il sera plus facilement assimilé par l’animal.
Cependant le maïs n’apporte pas de protéines, et la ration des vaches se retrouve déséquilibrée.
Le soja pardi !
On a donc incité les éleveurs à importer des tourteaux de soja d’Amérique du Sud (le plus souvent OGM) pour parfaire la ration des vaches laitières.
Ce n’est pas pour rien que le port de Brest possède un terminal dédié aux marchandises agricole en vrac.
En 2016 l’importation de soja a représenté plus de 768 000 tonnes, contre 619 000 tonnes en 2015 !
Aujourd’hui, nombre d’agriculteurs deviennent dépendant des semenciers, et des industriels du secteur agro-alimentaire.
Les laiteries achètent le lait aux éleveurs à un prix toujours plus bas.
Contrairement à l’herbe, qui est une plante vivace et qui pousse naturellement, le maïs doit être planté annuellement, les éleveurs doivent donc acheter de la semence.
Pour pousser, le maïs a besoin d’un champ exempt de mauvaises herbes, rendant l’utilisation des pesticides nécessaire.
Ces produits phytosanitaires ont également un coût.
Ajoutons à ces dépenses les frais vétérinaires liés aux maladies que les vaches développent suite a cette alimentation boostée, les tourteaux de soja importés et autres compléments alimentaires : l’agriculteur se retrouve vite pris au piège.
Plusieurs études sur ce sujet ont été réalisées.
Citons par exemple l’étude de L’INA de Paris Grignon en 2005.
Dans le Pays de Caux, les chercheurs mettent en parallèle une exploitation de vaches nourries à l’herbe et une exploitation conventionnelle (maïs/soja/herbe) afin de comparer leur rentabilité.
La conclusion de cette étude est sans appel : « Un agriculteur gagnerait 10 000 Euros de plus par an en oubliant maïs et soja pour se mettre à l’herbe. Tout simplement, les économies réalisées en moindre consommation de maïs et de soja (chèrement importé du brésil) compensent largement les pertes en moindre production de lait. »

Actuellement, certains agriculteurs essaient de diminuer la part de maïs et soja (remplacés par exemple par des tourteaux de graines de tournesols) dans la ration alimentaire des bovins.
Une petite partie d’entre eux est même revenue à une ration exclusive composée d’herbe.
Ce sont donc les politiques agricoles appliquées en France et en Europe qui détermineront l’alimentation de bovins laitiers, et permettront peut être à ce que les vaches « redeviennent » herbivores !
Et précisons à ce sujet que l’Europe via les aides de la PAC (politique agricole commune) subventionne plus la culture de maïs que l’herbe…
Sources :
Bien que la Bretagne produise à elle seule la moitié des porcs du territoire français, on dénombre à l’heure actuelle moins d’une centaine de femelles de race porc blanc de l’Ouest réparties chez 23 éleveurs.
Cette race porcine est issue de la fusion des races craonnaise et normande. On le reconnaît facilement avec ses oreilles inclinées en avant tombant sur les yeux.
A l’âge adulte le mâle pèse jusqu’à 400kg et 350 kg pour la femelle.
C’est un animal plutôt docile et rustique, il est très peu sensible aux maladies.
Néanmoins, il faut compter 11 à 12 mois d’engraissement pour un porc blanc de l’Ouest contre 6 mois pour un porc industriel.
Et ajoutez à cela le fait que cette race locale est également inadaptée à l’élevage industriel hors sol. Et oui, c’est un animal qui ne supporte pas la concentration et qui a besoin de vivre en plein air !
Le cochon tel que l’on le connaît a été domestiqué à partir du sanglier.
Cette création d’espèce nouvelle a été rendu possible en isolant des individus pour sélectionner leurs caractéristiques bien précises telle que la taille, le coloris…
Il est important de noter qu’actuellement le porc domestique peut toujours se croiser avec le sanglier.
Les vestiges les plus anciens de domestication, mis à jour en Turquie, remontent à plus de 8500 ans.
Le Porc Blanc de l’Ouest se souvient de cette époque d’avant, où il vivait au grand air. Et il a bien raison ! 😉

De la même façon que le Coucou de Rennes ou la vache Pie Noir, le porc blanc de l’Ouest a été délaissé dans les années 70, au profit d’animaux issus des croisements entre les races Duroc, Piétrain ou autre Large White, plus rapides à engraisser.
Un syndicat a été crée en 1972 afin d’éviter la disparition de cette race.
Les éleveurs ont souvent leur propre circuit de vente directe aux consommateurs ou aux restaurateurs.
Le porc blanc de l’Ouest demande une découpe particulière par rapport au cochon industriel.
Dans le Finistère c’est l’abattoir du Faou qui s’y est spécialisé.
Le dépôt de graisse est plus important sur le porc blanc de l’Ouest, du fait de sa croissance plus lente. Celle-ci contient des acides gras poly-insaturés (omégas 6 & 3 utiles pour le système immunitaire, la peau et les cellules nerveuses).
Lors de la cuisson, la viande diminue beaucoup moins que le porc industriel, le surplus de gras agit également comme un exhausteur de goût.
A découvrir absolument, pour tous ceux qui aiment la viande de porc, chez vos éleveurs locaux.


Et bien… elle est noire, évidemment ! 😉
Mais ça n’est pas la seule façon de la reconnaître.
Elle est trapue, plutôt grande, avec un abdomen court et large. Également, les « bandes jaunes » de son abdomen (qui, chez l’abeille noire, ne sont pas très jaunes justement) sont plus fines que chez d’autres espèces d’abeilles domestiques.
En bref, c’est une abeille rustique, ancienne, adaptée à son environnement et relativement préservée des sélections humaines.
Son nom scientifique est Apis mellifera mellifera.
Non.
On trouve aujourd’hui des abeilles noires dans le monde entier.
A l’origine, c’était une abeille qu’on trouvait surtout en Europe du Nord et en Russie… mais elle a été embarquée, une fois domestiquée, également en Amérique du Nord.
Cependant, l’abeille noire d’Ouessant est probablement l’une des plus préservée, car plus à l’abri de la folie des hommes, sur son île au milieu de l’océan.
Car voila… l’abeille noire ne se porte pas bien.
Malgré une présence depuis plus d’un million d’années en Bretagne, comprenant deux périodes de glaciation, l’abeille noire est actuellement en voie de disparition.
En effet, cette race d’abeille a été laissée un peu de côté par les apiculteurs lui préférant des espèces plus productives en provenance d’Italie, ou d’Europe de l’Est.
Et contrairement aux bovins, et autres porcs, il est assez compliqué de gérer la reproduction de ces insectes. Les abeilles noires ont ainsi été peu à peu fécondés par des mâles de provenances diverses, mettant fin à une race pure d’abeille locale.
Un conservatoire de cette espèce a donc été crée sur l’île d’Ouessant. Il se compose de plus de 150 ruches.
On trouve également dans le Finistère d’autres actions de protection de cette race endémique.
Citons par exemple l’association Gwenan Bro Pleiben sur la commune de Pleyben, ou le lancement d’une zone de protégée par des apiculteurs du Cap Sizun pour limiter au maximum l’hybridation.


En réalité, toutes les populations d’abeilles européennes et mondiales sont aujourd’hui en danger.
Youhou… 😞
Nous en parlons fréquemment sur nos réseaux sociaux : nos pollinisateurs préférés sont actuellement en danger.
Mais pas que, puisque certaines études parlent de plus de 75% des insectes qui auraient disparus en trente ans. Soixante quinze pour cent. 🥴
Concernant les abeilles, on évoque fréquemment les abeilles domestiques (celles qui produisent le miel : Apis mellifera), mais il ne faut surtout pas oublier les populations d’abeilles sauvages !
Il existe plus de 1000 espèces d’abeilles sauvages en France et près de 20000 dans le monde.
Or, 50% de toutes les espèces d’abeilles confondues, sont menacées de disparition en Europe.
Au niveau global, il est indispensable de soutenir les actions récentes ayant entraîné la réduction de Néonicotinoïdes en Europe (dont voici les noms barbares : clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) et toutes celles qui vont dans le même sens.
Ces pesticides, accompagnés de nombreux autres facteurs, ont entraîné l’hiver 2017 la mort de 20000 ruches en Bretagne, sur les 60000 ruches que compte notre région.
A titre individuel, il est urgent de cesser l’utilisation de pesticides dans son jardin, installer des hôtels à insectes et de planter des fleurs…
Cette abeille bien que moins productive, est beaucoup mieux adaptée à l’environnement local.
Elle possède par exemple de nombreux poils sur l’abdomen afin de pouvoir rapporter le pollen à la ruche même en cas d’intempéries.
Elle est également moins sujette aux maladies et n’a pas besoin d’être nourrie l’hiver au sirop de sucre.
Pour vous donner une idée, l’abeille locale d’Ouessant est totalement préservée des folies du continent : ses pesticides, ses hybridations non contrôlées, ses parasites, ses pollutions, etc.
Lorsque le taux de mortalité, chaque hiver, est entre 30 et 60% sur le continent, il n’est que de 3% sur l’île d’Ouessant.
Les abeilles de cette île, coupée du continent, sont en bonne santé et ne sont pas affectées…
Comment cela se fait-il ? Il s’agit là tout simplement d’une « race ancienne » : plus robuste et moins « manipulée » par l’homme, cette abeille est adaptée à son environnement.
Revers de la médaille, elle est moins productive et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a été « mise de côté ».
On trouve le cas également chez les bovins, ovins, cochons, etc.
L’histoire se répète malheureusement très souvent.
L’Association conservatoire Abeille Noire bretonne « Kevredigezh Gwenan Du Breizh » est en charge de la gestion des abeilles noires d’Ouessant, dont l’élevage et la diffusion des reines.
Chaque année, les réservations de reines et d’essaim, qui ont lieu en début d’année, sont prises d’assaut : la totalité des essaims et reines sont rapidement réservées et la demande dépasse largement l’offre.


Au sein d’une ruche, seule la reine pond des œufs, les autres femelles ne pouvant pas le faire dû aux phéromones émises par la reine.
Lorsque cette dernière meure, ou quitte la colonie les autres abeilles en élèvent une nouvelle, à partir des derniers œufs pondus.
Quelques jours après sa naissance la jeune reine sortira de la ruche afin d’effectuer un vol nuptial.
C’est au cours de cette escapade qu’elle va s’accoupler avec les mâles rencontrés.
Si notre reine abeille noire tombe sur un jeune et beau faux bourdon italien, elle donnera naissance à une nouvelle lignée d’abeilles issues de ce croisement à son retour à la ruche.
Enfin, pour vous donner une idée, les abeilles ont un rayon d’action de 3km maximum, et presque vingt pour les faux bourdons caucasiens les plus valeureux !
Elle est facilement reconnaissable à son plumage spécifique, gris bleuâtre, blanc et noir, sa crête rouge et à ses pattes rosées.
Ce standard de race a été développé dès 1880 par le Docteur Ramé dans la région de Rennes.
C’est une poule polyvalente, qui peut être élevée pour la chair autant que pour ses qualités de pondeuse (environ 140 œufs par an).
Le Coucou de Rennes est une race dite à croissance lente : le coq aura besoin d’au moins 4 mois pour atteindre un poids supérieur à 3kg (à titre de comparaison le poulet industriel est abattu au bout de 40 jours).
La chair est plutôt ferme, fine et possède un goût particulier de noisette.
Cette poule a été délaissée au profit d’autres races à croissance rapide pour la viande, et pour les œufs à des races américaines telles que les Leghorn ou autre Wyandotte (plus de 200 œufs par an).
Cette histoire de productivité rappelle immédiatement ce qui est arrivé aux races de vaches bretonnes Pie Noir, Froment du Léon ou Armoricaine.
L’élevage de Coucou de Rennes a été relancé en Bretagne à l’initiative de Jean Luc Maillard de l’écomusée de Rennes dès 1988, qui a retrouvé les derniers survivants dans le Maine et Loire.
Aujourd’hui, les éleveurs de Coucous de Rennes se sont regroupés en association afin d’établir un cahier des charges spécifique à la race.
Le but étant de proposer une volaille de qualité supérieure à la moyenne.
Citons par exemple que l’âge minimum avant abattage est de 130 jours, l’aliment doit être à 100 % végétal non OGM, et doit contenir une portion de produit laitier durant leurs 15 derniers jours de vie (cela rend la chair plus tendre), le parcours en plein air doit être de 10m2 minimum par tête, etc.
Cette race de volaille est également idéale pour les particuliers qui souhaitent élever une poule dans leur jardin, car c’est une poule docile et bonne couveuse.
La race de vache Armoricaine est une rescapée des différents tests de croisement effectués au 19ème siècle.
C’est une bretonne Pie rouge (race qui a complètement disparu aujourd’hui, contrairement à la Pie Noir) avec du sang Froment du Léon et Durham (originaire d’Angleterre).
L’Armoricaine est plus grande que sa cousine Froment du Léon : 1m40 au garrot pour 900kg chez le mâle, et entre 600 et 700kg pour la vache.
On la reconnaît facilement à ses petites cornes pointées vers l’avant et à sa robe marron/acajou et ses taches blanches le plus souvent sous le ventre.
On comptait 230 000 animaux en 1967.
En 1978, la race est déclarée en voie d’extinction
En 1990, on ne dénombrait plus qu’une vingtaine de bovins répartis entre 7 éleveurs.
Mais au 31 décembre 2011, la race comptait à nouveau 166 vaches chez plus de soixante-dix éleveurs !
Puis, en 2015 on comptait plus de 300 vaches réparties entre 80 propriétaires.
Ouf.
Ce sauvetage fur permis, entre autre, grâce à l’association des éleveurs de race bovine Armoricaine.
L’Armoricaine est très rustique et passe l’année en plein air sans soucis, elle peut se nourrir de fourrage bas de gamme.
C’est une vache idéale à élever si l’on possède des terres plutôt pauvres.
Bien que considérée comme mixte (viande et lait), l’Armoricaine est généralement élevée pour ses qualités bouchères.
Le dépôt de gras est légèrement plus important que d’autres bovins rendant la viande persillée et savoureuse.
Cette race de vache, qu’on appelle également « La Léonaise », est particulièrement présente dans les côtes d’Armor et, comme son nom l’indique, dans le nord Finistère.
Avec une robe froment clair ou foncé, les cornes en forme de lyre pointant vers le ciel, c’est un bovin plutôt petit d’1m30 au garrot, les mâles ne dépassant que rarement les 600kg.
De la même façon que la Bretonne Pie Noir, la Froment du Léon est toujours présente suite a un plan de sauvetage de la race mis en place en 1981.
On comptait 25 000 têtes en 1958, et uniquement 30 femelles réparties entre 9 éleveurs dans les années 1980 !
Cette race de vache a été mise de côté car déclarée « improductive » dans les années 1950/1960 par rapport aux vaches frisonnes.
Elle produit tout de même environ 3700 litres de lait annuellement !
La Froment du Léon est également réputée pour son caractère facile, sa docilité et surtout pour les qualité de son lait.
Il se dit qu’elle produit « un lait donnant beurre doré ne pouvant être confondu avec aucun autre » celui-ci est également appelé « bouton d’or ».
Cette particularité est due à la teneur en bêtacarotène du lait.
Actuellement on dénombre environ 200 bêtes en Bretagne.
Les Froments du Léon sont souvent élevées en petits troupeaux dans des exploitations ou le lait est transformé sur place en beurre ou en crème.
Pour plus d’informations n’hésitez pas à visiter le site du syndicat des éleveurs de Froment du Léon.
Lors d’une promenade en campagne, nous avons souvent l’occasion de croiser dans les champs des vaches Holstein (vous savez, les fameuses blanches et noires), cette race ayant été plébiscité dans les années 1950/1960 par de nombreux éleveurs étant donné sa productivité hors normes.
Cependant certains agriculteurs ont fait un choix différent et élèvent d’autres races, dites anciennes, telles que la Bretonne Pie Noir, la Froment du Léon et autres Armoricaines.
La Bretonne Pie Noir est une vache rustique, de couleur blanche et noir, plutôt petite (un peu plus d’un mètre au garrot, et jusqu’à 1m20 pour le taureau) et pèse moins de 500kg.
Cette race de vache s’accommode très bien de fourrages grossier, et a longévité d’environ 12 ans, soit environ deux fois plus qu’une vache Holstein.
C’est une race qui peut être élevée pour la viande, mais on la retrouve surtout par chez nous pour ses qualités de laitière.
Son lait est connu pour être très riche en matière grasse.
Le beurre étant un aliment très apprécié en Bretagne on comprend l’attrait pour ce type de bovin !
Cependant cette vache produit environ 3500 litres de lait par an, contre plus de 9000 litres pour une Holstein !!
Or, notre monde a longtemps favorisé la productivité « à tout prix…
Ainsi, en 1900, plus de 700 000 Pie Noir étaient recensées.
En 1960 on comptait plus de 430 000 animaux.
En 1969 environ 70 000 animaux
… et en 1976 est lancé un plan de sauvegarde de la race Bretonne Pie Noir, avec un peu plus de 300 bêtes (on en recense environ 15000 mais la plupart son très âgées et l’extinction de la race est prévue dans les 5 années à venir).
C‘est alors le premier plan de sauvetage d’une race bovine qui est mis en place en France.
Grâce a la motivation des agriculteurs bretons ont compte aujourd’hui presque 2000 femelles.
Cette race de vache aurait disparue si quelques éleveurs ne s’étaient pas battus pour la conserver, tout comme pour l’Armoricaine ou la Froment du Léon… mais également pour d’autres races d’animaux d’élevages, tels que le Coucou de Rennes ou le Porc Blanc de l’Ouest.
Actuellement, ce type de vaches est principalement élevé dans de petites exploitations où le lait est transformé sur place en beurre, fromage, crème ou gros lait appelé « Gwell » .
Cette appellation a été déposée par les éleveurs de vaches Bretonne Pie Noir.
Les bœufs sont quant a eux élevés pour leur qualités bouchères et produise une viande savoureuse à grain fin.

